enfants boulevard de la Chapelle

Parfois, comme maintenant, c’est le heurt et la vibration prolongée d’une plaque, les aboiements d’un chien. J’ouvre les yeux, cherche Fotini du regard, relève la tête, aperçois notre fille qui s’est dans notre sommeil hissée à la pointe du lit et dort sur le côté.

Le nom du jour me vient d’abord en grec : Κυριακή, peut-être parce que c’est le nom qu’il porte dans la rue, dehors, là où une plaque de métal a retenti et où un chien continue un temps d’aboyer puis se tait.

Les jours changent chaque jour de nom ; on en apprend l’ordre au même âge que les chiffres : Elèni peut compter en grec et en français jusqu’à 100 (peut-être au-delà, maintenant ; son savoir grandit tous les jours) et connaît mieux le nom des jours dans sa langue maternelle que dans sa langue paternelle : lundi se dit Δευτέρα, «Deuxième», mardi Τρίτη, «Troisième», mercredi Τετάρτη, «Quatrième», jeudi Πέμπτη, «Cinquième» ; chaque semaine commence un dimanche. Il y a deux jours sans école. Ça fait combien de jours avec ? Cinq, a-t-elle répondu à Laure, hier, en comptant sur ses doigts.

C’est dimanche et ni elle ni nous n’avons école ce matin : pas de course pour arriver à 8 h. 30 avant la fermeture des portes, on peut dormir.

*

Fotini dort au bord du lit et Elèni en travers, à la pointe des pieds de sa mère : elle a sa chambre depuis l’âge de six mois, quitte son lit au matin pour terminer sa nuit dans le nôtre, ne se glisse pas sous les couvertures, demeure sur le lit, en retrait, ouvre parfois les yeux et relève la tête ou se redresse sur ses coudes et nous jette un regard, comme un animal à l’affût, repère où elle est, où nous sommes par rapport à elle puis se rendort en se laissant retomber, d’un coup : je ne vois plus maintenant que sa touffe de cheveux bouclés et ébouriffés derrière le pli du drap. On a certainement besoin de savoir où on est, toujours, même (surtout) aux bords du sommeil : je suis dans la chambre de papa et maman, pense-t-elle, papa est réveillé et écrit (et m’envoie un bisou de l’autre côté du lit), maman dort et il fait encore un peu nuit. Prendre ses marques et se rendormir : avoir un toit, l’assurance d’une maison, un endroit où dormir.

*

J’écris sur un fichier que j’ai intitulé Maison et qui n’occupe qu’un quart de l’écran, si bien que les mots, à ma gauche, ont la taille de fourmis minuscules ; les trois quarts de l’écran sont occupés par le sourire et le regard d’un enfant de onze ans, «un enfant café», dit ma fille qui ne relevait jamais jusqu’à une date récente les nuances de couleurs de peau, ne les voyait probablement pas. Elle m’a demandé il y a quelques jours qui il était : je lui ai raconté un peu de l’histoire d’Adama et de sa famille que nous avions aidés, il y a 18 ans, à retrouver un toit. Ils n’avaient plus de maison,  il fallait en retrouver une.

*

Nous : Stéphanie, Yann, Julien, Jacky, Eva et moi ; ma mère, qui les avait hébergés un temps ; le DAL et Jean-Baptiste avec qui nous avions rédigé un communiqué accusant les services de l’État de carence institutionnelle.

Être réveillé par des cris ou des pleurs, ne pas savoir si ce sont des pleurs, des cris, ce qui se passe, ouvrir la porte. Je me souviens des blazers bleus à poches d’ombres, des mains, serrées, refermées d’abord, blotties, sorties pour marquer la distance (reculez, monsieur, reculez), prêtes à se saisir du col, à frapper la poitrine ou à empoigner l’arme, de l’expression sans visage de la seule femme du groupe. Un fourgon stationnait en biais sous les fenêtres devant le portail du 12. L’expulsion locative avait eu lieu quelques minutes après le départ des enfants pour l’école, l’école fermait à 4 heures et demie et la porte de leur chez eux serait entre-temps mise sous scellés et blindée. J’avais appelé ; les agents dépêchés par le commissariat du XVIIIe arrondissement avaient eu la surprise de se retrouver entourés d’une dizaine de jeunes dont un, pas rasé et pas réveillé mais au regard comme un crible avait gravi les marches et s’était planté devant eux en béquilles.

Les souvenirs se succèdent comme un crépitement : les carrelages blancs et les horaires du centre d’hébergement pour femmes de l’avenue de Crimée, un porche d’hôtel avenue Ledru-Rollin coincé entre une librairie et un magasin de meubles, le ciel au-dessus du portail, l’acier, le grillage au-dessus de la voie ferrée, le bloc légèrement incliné de la Poste, l’hôtel, le tapis rouge, le visage creusé du veilleur (on prend pas de familles, on travaille plus avec le 115, faudrait les appeler, vous avez appelé ? alors ?), la rue (être au coeur de la ville, en être dans le même temps radicalement exclu comme s’il n’y avait plus que du temps, là, dans cette absence de lieu et de murs protecteurs), trois enfants sans toit dans Paris : un anorak bleu, un anorak rouge, un anorak vert, les sacs (biscottes, cahiers, crayons de couleur, pulls), la remontée du boulevard au milieu des flaques d’eau et des détritus du marché (on cherche une maison, à Château-Rouge on nous a dit qu’on aurait peut-être un hôtel), le froid autour des portes, à travers le terrain de basket où des adolescents aux ombres immenses jouaient la nuit comme en plein jour, le froid dans les poches (le pantalon de velours récupéré au Secours catholique mais trop grand qui donnait à Ibrahima l’allure d’un clown boudeur ou malicieux), le froid jusqu’à Crimée — «SDF c’est pas pour nous c’est pour des gens», «on s’est fait expulser» —, le froid dans leurs mains que nous serrions comme si les nôtres pouvaient faire office de moufles.

Trois enfants à la rue comme s’il n’y avait plus autour que des êtres humains sans logis et qu’on était passé de l’autre côté du monde, qu’on entendait plus qu’eux. C’est hier, c’est maintenant. Ils sont scolarisés à l’école Philippe de Girard, mangent dans le square Léon, dorment à l’hôtel Merryl, mangent dans le square de la Chapelle, dorment dans un hôtel du boulevard accolé à la Poste, mangent dans le square Saint-Bernard, dorment dans un hôtel de la rue Ledru-Rollin accrédité par le 115, prennent le métro pour Nanterre. Il y a à côté de l’hôtel un square et une boulangerie. Nous appelons le 115 depuis la cabine du métro, depuis une cabine de la rue Marx-Dormoy, depuis une cabine de la place Paul-Éluard — quelquefois moi, d’autres fois l’aîné, ou A., et nous serrons parfois à quatre dans la cabine ; les trois enfants regardent le combiné et attendent que je parle – ça voudra dire que quelqu’un a décroché.

*

Tout le ciel tous les arbres et trois enfants à la ville : une course d’obstacles de 2, 3 mois peut-être. Je ne me souviens plus des moments de colère comme si la colère avait tout pris dans l’instant, n’avait rien laissé pour la suite. Avec un petit groupe d’amis rencontrés quelques étés plus tôt autour de l’église Saint-Bernard, j’ai passé mes derniers mois en France à «remuer ciel et terre», dit la langue, pour qu’ils retrouvent un toit et que la mère ne soit pas séparée des enfants. Nous les avons hébergés et avons partagé leur vie, leurs angoisses, leur errance (d’un domicile ami à un centre d’accueil d’urgence, un hôtel du 115 ou l’appartement que ma mère occupait encore au-dessus de la Place des Fêtes), avons chanté et dessiné ensemble, écouté de la musique malienne et de la musique grecque, découpé des poissons roses ou des arbres bleus et échangé des mots ; je m’étais promis de ne pas partir avant qu’ils aient retrouvé un toit. Après beaucoup d’insistance, de démarches, d’appels, un logement plus stable que ceux qui étaient jusqu’alors proposés a pu être trouvé. J’ai retrouvé une dernière fois les enfants et leur mère dans un appartement géré par une structure sociale qui n’était pas seulement d’urgence, leur ai annoncé que je partais, j’avais acheté le billet pour Athènes, nous avons arrangé un bouquet de fleurs dans l’entrée et Adama, dont la photo occupe aujourd’hui la totalité de l’écran de mon ordinateur, m’a annoncé qu’il venait d’obtenir son passage en sixième. Les murs venaient d’être repeints et Fatou avait une chambre pour elle toute seule. Je reviendrai bientôt, leur ai-je dit en les prenant dans mes bras. «C’est où, la Grèce ?» Un peu avant de partir, un des garçons a voulu que je leur montre le pays où j’allais m’installer. Il y avait une carte du monde dans la poche en rabat de mon agenda. Nous l’avons dépliée et avons regardé où était la France, où était la Grèce — puis avons eu l’idée de rechercher aussi, sur la carte, le Mali, et nous sommes aperçus que c’était des trois le pays le plus grand et qu’il était de l’autre côté de la mer.

Un peu plus tôt, nous avions bu un jus d’orange et mangé des sandwichs sur une terrasse de café, au soleil, au bord d’une petite place, près du bas de la rue Mouffetard. La ville me semblait infiniment plus légère maintenant que les enfants avaient un toit et que je savais que j’allais partir : je me souviens encore de ce soleil et de la couleur des nappes.

*

Je me suis consacré à apprendre ma deuxième langue dans les montagnes de l’Épire et j’ai tardé à revenir à Paris. La famille avait déménagé et A., leur maman, avait changé de numéro. Ni moi ni les amis toujours sur place n’avons au cours des années suivantes pu obtenir de leurs nouvelles. Les années ont passé. Fotini et moi avons ouvert un espace de création trois jours après la naissance de notre fille. Mes recherches sur Internet dans le but de retrouver «les enfants» étaient infructueuses. Il y a quelques jours, enfin, Stéphanie m’a appris qu’elle venait d’obtenir des nouvelles du plus grand grâce au commentaire d’un jeune adolescent qui, alors qu’il écoutait près d’elle un morceau sur YouTube, a remarqué que le véritable prénom de l’artiste était Adama. Elle s’est retournée, a demandé la permission de voir et a effectivement, comme moi le lendemain, pensé que ce visage et ce prénom lui rappelaient quelqu’un. Elle m’a écrit le nom de scène sous lequel il est aujourd’hui connu par des milliers de jeunes (dont mon neveu, Athane, qui a aujourd’hui l’âge qu’Adama avait à l’époque), je me suis mis à sa recherche, ai trouvé une adresse, envoyé un message.

*

Nous avons ouvert notre espace au moment où la crise s’installait dans la durée — on parlait encore de «crise», percevait encore l’événement, sur le modèle de celle de 29, comme un phénomène violent et transitoire ; nous sourions un peu aujourd’hui en réentendant l’expression de «crise grecque», plus en constatant qu’un autre lieu commun («crise des réfugiés») a presque aussitôt pris sa place.

Ma fille est née le 27 octobre 2012 à Athènes et a déjà eu plusieurs fois l’occasion d’apprendre, en regardant, en questionnant, qu’il existe des gens qui n’ont pas de maison ; quelquefois, ces gens sont des enfants. Il y a quelques années, nous avons rempli avec elle, un dimanche, le coffre et les sièges arrière de couches et de lingettes pour ceux qui traversaient la mer et arrivaient par centaines, chaque jour, au risque de leur vie. La collecte avait lieu place Syntagma. À la fin du jour, la plus grande partie de la place était occupée par des monticules de couches, de boîtes de conserve et de paquets : des collines de biens de première nécessité plus hautes que les hommes.

*

Nous ne cessons, consciemment ou inconsciemment, de nous assurer du monde, de vérifier ou de nous rappeler où nous sommes (d’un regard, en entrouvrant les yeux pour reconnaître les murs, en nous remémorant la date ou le nom des jours), de rechercher le lieu qui nous tient.

«Beaucoup de maisons ont perdu leurs personnes», disait Ibrahima dans un des messages enregistrés chez moi après l’expulsion locative.

«Nous, tout ce qu’on veut, c’est d’être installés quelque part», disait Adama.

*

À ma fille, je me contente de raconter que c’étaient des enfants, qu’ils n’avaient pas de maison, qu’il fallait leur en trouver une.

Les mots sont simples, maison, enfants, et permettent presque d’éluder la violence.

La violence était bien là, pourtant, en continu.

Les enfants aussi l’éludaient. Ils se protégeaient eux-mêmes de la violence qu’ils subissaient comme les enfants de la crise de 29 qui «supportent et endurent», dit Rachel, ses yeux aux bords des nôtres, à l’avant-dernière séquence de La Nuit du Chasseur, alors que la neige tombe, dehors.

Ils chantaient, ils souriaient et se jetaient quelquefois dans nos bras à l’improviste (surtout Fatou, puis Ibrahima ; mais Adama aussi, parfois).

*

C’est dimanche et ma fille a un toit où dormir.

Je me souviens des yeux plissés et du chignon de Rachel dans l’avant-dernière séquence de La Nuit du Chasseur, qui est un film sur les enfants, la violence de la crise, la violence des hommes, la nature et les rêves, et de la voix de Gil Scott-Heron.

Je me demande s’ils ont pu aller à l’école, jusqu’à quand, trouve à Adama un air de Saul Williams, ai maintenant à l’oreille sa voix d’aujourd’hui et celle qu’il avait à onze ans (tout ce que je veux, moi, une maison). Je me remémore les mots syncopés qu’Ibrahima, un soir ou une après-midi pluvieuse, s’était mis à répéter en boucle (confiture de Ouagadougou / confiture de Ouagadougou / confiture de Ouagadougou) en détachant chaque syllabe et en produisant avec un rythme de batterie ou de train ; je ferme les yeux pour réétendre des phrases enregistrées à l’hiver 2000, tapées à la machine et conservées depuis (Moi j’crois pour vivre comme ça c’est pour des bêtes pas pas pour des humains), comme un viatique ; je ne trouve pas le sommeil, me relève, m’apprête à allumer la lampe puis me ravise, me souviens des mots c’est violent, la rue, ça s’arrête jamais, c’est jamais calme, jamais chez toi comme si les mots étaient des battements de cœur, me rappelle en silence un chant de Marley enregistré a cappella puis un solo de Miles, la version d’Aretha Franklin de People Get Ready (timbre métallique des premiers mots, comme un appel), celle de Dandy Livingstone au rythme d’un train qui laisse le temps au paysage d’approcher, une boucle du Cercle Rouge. Je me demande si on entend vraiment ou écoute quelque chose quand on se remémore des notes, des sons, des voix, si les verbes écouter et entendre sont propres à décrire ça, réalise que l’essentiel de notre vie est peut-être tissé de sons qui n’en sont pas et qu’il en va ainsi des autres, toutes les voix dont on se rappelle, qu’on passera sa vie à porter et qui résonnent en continu, les autres en nous, notre vie à entendre des voix. J’essaye, 17 ou 18 ans plus tard, assis à côté d’elle, dans le noir, de retrouver la voix d’Adama (riante, regard planté dans le mien), la voix d’Ibrahima (riante, écartant les lèvres et découvrant les gencives pour lancer : si tu me trouves pas une maison je te coupe la tête), la voix de Fatou (riante, maline, pas loin de certaines intonations d’Elèni, plus aiguë), la voix d’Aïssatou (comme elle disait «Dimi» au lieu de «Dimitris», comme le faisait aussi Cheknê — je me souviens que Lassina, lui, m’appelait carrément Jimmy Cliff.) Je cherche mes mots, les retrouve :

C’est arrivé près de chez toi
Ouais, presque sous ton nez
Cesse de prendre cet air étonné
Pas le moment d’abandonner
Faut tout donner afin de changer les données.

Crises et intempéries, Babylone m’étreint
Je dépéris, paumé à me demander où est le bon chemin
J’suis pas le seul dans ce cas à vivre en astreinte
On est tout un tas près de chez moi à vouloir porter plainte  
Sans papier, sans emploi, on ne compte plus les laissés pour compte
Pour couronner le tout dans les sondages le FN monte
Qu’ils fassent leurs figures sur la glace pendant qu’elle est encore dure
Nos nerfs et l’effet de serre les auront à l’usure.

*

Après près de vingt ans sans nouvelles, je viens d’apprendre que les enfants d’alors ont eux aussi un toit (qu’ils vont bien, qu’ils s’en sont sortis, qu’ils sont installés quelque part), que leur mère (qui a pleuré, m’a dit Adama, en apprenant que nous avions réussi à rétablir le contact) vit aujourd’hui à Bamako et qu’Adama a aujourd’hui une petite fille de deux ans et demi. On est encore là. «On va venir te voir», m’écrit-il, sur Messenger. Il m’envoie des photos qui viennent s’intercaler entre les phrases : la plupart sont des photos de l’époque, dont j’imagine qu’elles l’ont accompagné comme un fil ou comme les pierres blanches dans la forêt du conte. Il y a quelques jours, j’ai découvert la première de ses vidéos et le visage qu’il a aujourd’hui. Il est aussi mince qu’il l’était à l’époque. Les gestes près du corps qu’il fait en chantant me rappellent ceux qu’il avait lorsqu’il traversait la troisième cour pour rejoindre les autres (Burcu, Belgin, Ilkay, Omar, Abderrazak) en fredonnant un refrain des Bad Boys de Marseille. Presque les mêmes gestes, même si près de vingt ans s’y sont inscrits. Il ressemble davantage à sa mère qu’à l’époque. Le rythme sur lequel il chante me rappelle celui des messages que nous enregistrions dans le salon du 12, boulevard de la Chapelle sur un magnétophone de poche. Je déplace l’ordinateur pour qu’Angeliki et Fotini puissent le voir avec moi et, depuis unquartier d’Athènes, nous écoutons et regardons Adama chanter là-bas, en banlieue parisienne, sur le toit d’un immeuble, un refrain qui parle de ceux qui disparaissent en route.

Ils n’ont pas disparu.

*

Il fait presque jour, à présent. Je sors de la chambre et retrouve le carnet de l’hiver 2000, notes de lectures sur le travail précaire, la fuite du travail, mots au crayon ramassés sur la ligne, songe que mon écriture manuscrite a probablement moins changé, depuis, que mon visage. Les dernières pages contiennent le cahier de doléances des enfants du 12, boulevard de la Chapelle,  feuille manuscrite couverte de leurs signatures, même de celles et ceux qui n’avaient pas écrit, Belgine, Ilkay, Mounir, Fazilet, Salimah, Abdel, Burcu ; je remarque que la feuille ne porte pas les prénoms des trois enfants expulsés, qui n’habitent plus ici et qui ne sont pas présents ce jour-là dans la cour, me souviens des trains qui passaient à partir de 5 heures presque dans mes fenêtres, de ces vibrations de lattes tréteaux mal joints à même le sol, dans le dos comme si l’appartement était séparé du dehors par une cloison très mince : le dehors presque dedans, là-bas, et qui aura fini par y entrer complètement.

*

C’est dimanche, il faut aimer le monde qui sera après nous, je me lève et m’éloigne de l’écran pour rejoindre Fotini et Elèni qui se préparent à sortir et m’attendent (c’est dimanche, on va se promener, tu viens ?), reviens vers l’écran allumé et recopie ses mots :

Moi, bon, tout ce que je voudrais

avoir une maison

un quatre pièces

je ne veux pas t’embêter ni rien

mais tout ce que je veux

c’est d’être invité quelque part

sans être dérangé

et vivre, quoi, dans une maison.

Et toi ?


(mardi 17 avril 2018)

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