Souveraine dette | à propos de l’accord sur la Grèce du 21 juin 2018

«Quatre mots, quatre mensonges» notait, à propos de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, le philosophe Cornélius Castoriadis, co-fondateur du groupe «Socialisme ou Barbarie», dans la ligne de la critique du stalinisme initiée par Boris Souvarine. On pourrait en dire autant des termes qui balisent la communication de crise des institutions européennes. Produits par les équipes…

la ville d’où le peuple est absent

1 La proposition envoyée avant-hier soir par le gouvernement grec aux Institutions est d’abord un aveu : elle met brutalement au jour l’absence d’une alternative concrète au maintien de la Grèce dans la zone euro, d’un «plan B» qui aurait pu (qui aurait dû) permettre de tenir tête aux créanciers et, en cas de rupture, de…

Grèce: l’invention sous la crise (ressources)

En Grèce, la résistance aux politiques d’austérité ne s’est pas exprimée uniquement dans les rues (émeutes de 2008, mouvement de la place Syntagma, lutte des employées du nettoyage du ministère des Finances, occupation de la radio-télédiffusion publique…) et à l’Assemblée (opposition parlementaire) mais aussi dans des ateliers, des théâtres, des industries occupées, des terrains militaires…

Grèce: soyons pessimistes, demandons l’impossible!

Cette «stratégie de la rupture» ne doit pas être confondue avec la «sortie de l’euro» [2] ; faire rupture, pour le gouvernement grec, c’est d'abord aujourd'hui cesser de s’acquitter des échéances de remboursement qui le lient pieds et poings au programme néo-libéral de ses créanciers ; c'est se situer enfin, s'il n'est pas trop tard, sur le terrain économique, le seul que reconnaissent ses partenaires / adversaires / créanciers, le seul qui puisse permettre à ce rapport de forces dissymétrique de devenir quelque chose comme une négociation ; c'est faire usage de la menace du défaut (en cas de défaut sur la dette, ce seraient près de 300 milliards d'euros qui retourneraient au vide d'où ils viennent) par réponse au chantage à la liquidité décidé, peu de jours après les élections, par la Banque Centrale Européenne.