❝De Berlin à Athènes, les propos tenus ces derniers jours par les dirigeants européens précisent la situation qui sera celle de la Grèce au sortir de l’été et justifient une lecture de l’accord conclu ce 21 juin à rebours des déclarations célébrant «la fin de l’Odyssée», la «renaissance» grecque ou la concorde européenne retrouvée.❞

❝autre chose qu’une tente avec un chien pour la chaleur, la nuit / et que de se battre pour rester simplement humaine — / autre chose qu’un coin à soi, un rêve avec un lit, une douche et un réchaud / le kiosque Place des Fêtes / le bus de l’Armée du Salut / autre chose que d’être parqués les étrangers dedans et les Français dehors / qu’un campement à 1€ par jour mais où les chiens sont acceptés…❞

❝Sur fond de corruption de la décision politique, le projet néo-libéral ne s’impose pas seulement en détruisant des solidarités mais aussi en accentuant les divisions, pratiques et idéologiques, là où existent des intérêts communs (en termes écologiques comme de revenu, de temps, d’accès aux soins, d’éducation, de lutte contre les ségrégations urbaines et sociales, etc.)❞

❝Je sais que, par rupture avec toute une partie du mouvement ayant suivi Mai 68, l’écrasante majorité des intellectuels «de gauche» a, à un moment crucial, pris le parti ou décidé de se retirer du jeu, de la construction de solidarités entre les classes, de l’organisation de transferts et d’échanges réciproques de savoir permettant de bâtir des luttes entre pratiques ouvrières, agricoles et savoir livresque, théorie, réflexion collective, création d’espaces pour un discours et une expérience politique en commun entre l’usine, les champs et l’université…❞

L’élection probable d’Emmanuel Macron au second tour des présidentielles peut être lue comme l’aboutissement du long processus de droitisation et de privatisation des communs entamé du sein du parti socialiste français à partir du tournant de la rigueur de 1983 et théorisé par des cadres tels que François Hollande, Le Drian, Jouyet (abandon des classes populaires et «nouvelle alliance» entre classes moyennes, professions libérales et patronat), processus marqué par la montée en puissance régulière du Front National.

❝Avec la manoeuvre du référendum, conçu par l’exécutif grec comme une simple carte à jouer sur la table des négociations, Tsipras a brisé en juillet 2015 la seule force sur laquelle pouvait s’appuyer une confrontation avec les créanciers (le peuple, les classes populaires et la jeunesse, les 62% du “non”) et sapé ainsi le (peu de) crédit dont jouissaient encore les institutions parlementaires – un crédit que son accession au pouvoir avait paradoxalement contribué à restaurer.❞

❝Il paraît étrange d’affirmer qu’un événement qui était entré dans l’Histoire en est par la suite ressorti ; tel est pourtant le sort pathétique qui semble être réservé au premier gouvernement d’Aléxis Tsípras et à la première contestation par un gouvernement élu des politiques d’austérité promues par les instances dirigeantes de l’Union européenne. Aléxis Tsípras, ou comment effacer l’Histoire.❞