Soúnion, 10.4.2018

❝La présence du temple, sur notre droite, devient plus discrète avec le changement de lumière et nous regardons la mer. «Il y a un bateau !» dit Elèni. C’est peut-être un caïque mais sa forme est masquée par les éclats de la lampe installée en proue et dirigée vers la côte, comme un lamparo. Nous ne distinguons du bateau que les reflets de cette lumière, en lignes traversées par la houle (comme des traits de peinture jaune, de plus en plus fins) au-dessous de lui : la coque donne l’impression de flotter en équilibre un peu instable sur ces lignes. Le temple a presque disparu du cadre à présent et, comme si le paysage avait changé d’orientation, c’est l’île, en face, qui retient nos regards. C’est une île oblongue, rien d’autre ou presque qu’une ligne de crête assez basse ; mais est-ce «l’île longue», l’île des déportés ?❞