❝Pour clôturer la campagne de financement participatif initiée par Interdemos au profit du KET, espace de création du quartier de Kypsèli (Athènes), nous avons la joie de vous inviter au concert de rébétiko ❝Rebeket❞ qui aura lieu le 8 septembre à Anis Gras (Arcueil) et qui nous offrira l’occasion de chanter, de faire connaissance et de boire un verre ensemble.❞

❝De Berlin à Athènes, les propos tenus ces derniers jours par les dirigeants européens précisent la situation qui sera celle de la Grèce au sortir de l’été et justifient une lecture de l’accord conclu ce 21 juin à rebours des déclarations célébrant «la fin de l’Odyssée», la «renaissance» grecque ou la concorde européenne retrouvée.❞

❝L’accord du 21 juin met en lumière l’incapacité des dirigeants européens à faire face à la crise systémique qui continue de guetter l’Europe: amnésie sélective, volonté de cacher sous le tapis les causes de l’instabilité financière et de la dissolution politique de l’Union, réintroduction de mécanismes qui se trouvent au départ de la crise mais dont ces responsables semblent croire qu’ils produiront cette fois, «comme par magie, d’autres effets».❞

❝De nombreux passages, dans ce quartier de l’Est parisien, ont été fermés et codés en même temps que tous les accès sur rue de la ville ; on sait que des quartiers entiers se trouvent déjà à travers le monde réservés aux riverains, fermés par un mur d’enceinte, contrôlés par des gardiens et des caméras ; en résolvant par interdiction d’entrer la contradiction initiale, l’habitat bascule dans un rapport de classe qui n’est plus fondé sur la coexistence et la tolérance hypocrites mais sur la ségrégation et le constat qu’aucune coexistence, même de façade, n’est plus possible : la contradiction est tranchée, l’espace n’est plus que celui d’une classe.❞

❝La présence du temple, sur notre droite, devient plus discrète avec le changement de lumière et nous regardons la mer. «Il y a un bateau !» dit Elèni. C’est peut-être un caïque mais sa forme est masquée par les éclats de la lampe installée en proue et dirigée vers la côte, comme un lamparo. Nous ne distinguons du bateau que les reflets de cette lumière, en lignes traversées par la houle (comme des traits de peinture jaune, de plus en plus fins) au-dessous de lui : la coque donne l’impression de flotter en équilibre un peu instable sur ces lignes. Le temple a presque disparu du cadre à présent et, comme si le paysage avait changé d’orientation, c’est l’île, en face, qui retient nos regards. C’est une île oblongue, rien d’autre ou presque qu’une ligne de crête assez basse ; mais est-ce «l’île longue», l’île des déportés ?❞

❝Ils sont scolarisés à l’école Philippe de Girard, mangent dans le square Léon, dorment à l’hôtel Merryl, mangent dans le square de la Chapelle, dorment dans un hôtel du boulevard accolé à la Poste, mangent dans le square Saint-Bernard, dorment dans un hôtel de la rue Ledru-Rollin accrédité par le 115, prennent le métro pour Nanterre. Il y a à côté de l’hôtel un square et une boulangerie.❞

❝Des mots : la fouille, reparti au matin, une femme, refusé d’embarquer, Sierra Leone, enfant, criés, d’autres ramenés dans un murmure ou prononcés avec difficulté, la plupart pas dits, traduits à peine.❞

❝autre chose qu’une tente avec un chien pour la chaleur, la nuit / et que de se battre pour rester simplement humaine — / autre chose qu’un coin à soi, un rêve avec un lit, une douche et un réchaud / le kiosque Place des Fêtes / le bus de l’Armée du Salut / autre chose que d’être parqués les étrangers dedans et les Français dehors / qu’un campement à 1€ par jour mais où les chiens sont acceptés…❞

❝L’espace change tous les jours ; chaque compagnie, chaque groupe, chaque projet l’adapte à ses besoins ; les sièges peuvent être absents, remplacés par des coussins et des tapis de sol, placés contre le mur du fond ou face à l’écran, en rangs ; la console et les enceintes changent de place presque d’un jour sur deux.❞

❝Sur fond de corruption de la décision politique, le projet néo-libéral ne s’impose pas seulement en détruisant des solidarités mais aussi en accentuant les divisions, pratiques et idéologiques, là où existent des intérêts communs (en termes écologiques comme de revenu, de temps, d’accès aux soins, d’éducation, de lutte contre les ségrégations urbaines et sociales, etc.)❞

❝Je sais que, par rupture avec toute une partie du mouvement ayant suivi Mai 68, l’écrasante majorité des intellectuels «de gauche» a, à un moment crucial, pris le parti ou décidé de se retirer du jeu, de la construction de solidarités entre les classes, de l’organisation de transferts et d’échanges réciproques de savoir permettant de bâtir des luttes entre pratiques ouvrières, agricoles et savoir livresque, théorie, réflexion collective, création d’espaces pour un discours et une expérience politique en commun entre l’usine, les champs et l’université…❞

L’élection probable d’Emmanuel Macron au second tour des présidentielles peut être lue comme l’aboutissement du long processus de droitisation et de privatisation des communs entamé du sein du parti socialiste français à partir du tournant de la rigueur de 1983 et théorisé par des cadres tels que François Hollande, Le Drian, Jouyet (abandon des classes populaires et «nouvelle alliance» entre classes moyennes, professions libérales et patronat), processus marqué par la montée en puissance régulière du Front National.

❝Avec la manoeuvre du référendum, conçu par l’exécutif grec comme une simple carte à jouer sur la table des négociations, Tsipras a brisé en juillet 2015 la seule force sur laquelle pouvait s’appuyer une confrontation avec les créanciers (le peuple, les classes populaires et la jeunesse, les 62% du “non”) et sapé ainsi le (peu de) crédit dont jouissaient encore les institutions parlementaires – un crédit que son accession au pouvoir avait paradoxalement contribué à restaurer.❞

❝Il paraît étrange d’affirmer qu’un événement qui était entré dans l’Histoire en est par la suite ressorti ; tel est pourtant le sort pathétique qui semble être réservé au premier gouvernement d’Aléxis Tsípras et à la première contestation par un gouvernement élu des politiques d’austérité promues par les instances dirigeantes de l’Union européenne. Aléxis Tsípras, ou comment effacer l’Histoire.❞

❝Le message nous parviendra dans une maison de la rue Alkiviadou, à Nea Philadelphia, à la périphérie d’Athènes. Nous aurons tout juste fini de planter un minuscule citronnier dans la cour.❞

❝La proposition envoyée avant-hier soir par le gouvernement grec aux Institutions est d’abord un aveu : elle met brutalement au jour l’absence d’une alternative concrète au maintien de la Grèce dans la zone euro, d’un «plan B» qui aurait pu (qui aurait dû) permettre de tenir tête aux créanciers et, en cas de rupture, de financer immédiatement les besoins de l’Etat, de relancer et de réorganiser la production autour des besoins réels, des besoins de la majorité sociale.❞

En Grèce, la résistance aux politiques d’austérité ne s’est pas exprimée uniquement dans les rues (émeutes de 2008, mouvement de la place Syntagma, lutte des employées du nettoyage du ministère des Finances, occupation de la radio-télédiffusion publique…) et à l’Assemblée (opposition parlementaire) mais aussi dans des ateliers, des théâtres, des industries occupées, des terrains militaires réquisitionnés et transformés en parcelles de culture, des appartements vides convertis en dispensaires gratuits, en cantines sociales ou en crèches, dans les domaines les plus touchés par les coupes budgétaires : l’éducation, la culture, la santé, l’agriculture et l’alimentation, l’industrie, l’entraide et la préservation des territoires.

« Ce qui se noue autour du «nouveau terrorisme» et de la «Coalition des cellules du feu», tout ce jeu opaque et sordide auquel se prêtent le gouvernement, les services, la police et les juges dans le but de manipuler l’opinion publique et la justice, tout cela est une gifle pour la démocratie. Lois antidémocratiques, procès en convictions politiques, absence d’éléments à charge, empreintes digitales qui apparaissent au petit bonheur la chance, douteux «spécialistes de la lutte antiterroriste», actes de tortures, peines visant à annihiler les personnes, procédures perverties, parodies de procès… »