Cette «stratégie de la rupture» ne doit pas être confondue avec la «sortie de l’euro» [2] ; faire rupture, pour le gouvernement grec, c’est d'abord aujourd'hui cesser de s’acquitter des échéances de remboursement qui le lient pieds et poings au programme néo-libéral de ses créanciers ; c'est se situer enfin, s'il n'est pas trop tard, sur le terrain économique, le seul que reconnaissent ses partenaires / adversaires / créanciers, le seul qui puisse permettre à ce rapport de forces dissymétrique de devenir quelque chose comme une négociation ; c'est faire usage de la menace du défaut (en cas de défaut sur la dette, ce seraient près de 300 milliards d'euros qui retourneraient au vide d'où ils viennent) par réponse au chantage à la liquidité décidé, peu de jours après les élections, par la Banque Centrale Européenne.